Peut Choisir Sa Vie Dissertation Definition

Introduction

Choisit-on d’être celui qu’on est ? Une telle question pourrait sembler absurde dans la mesure où l’on ne voit pas qui d’autre que soi serait à même de décider de ce qu’il est. Pourtant, ce que l’on est, c’est-à-dire son et sa manifestation dans l’action, son , peut être influencé, voire déterminé, par une série de , à commencer par l’éducation qui façonne en fonction de critères sociaux, géographiques, religieux…

Ce que l’on est physiquement est aussi conditionné par son héritage génétique. Comment l’individu peut se constituer sa alors que sa liberté semble contredite par une série de déterminismes ?

Si l’on peut établir dans un premier temps que le propre de l’homme est justement d’être un sujet, c’est-à-dire un être capable de juger et de s’autodéterminer, un être responsable de par sa , on constate cependant qu’il est aussi soumis à des déterminismes. On se demandera alors si l’on peut choisir d’être celui que l’on est malgré la causalité extérieure.

1. L’évidence d’être soi

A. Être soi, c’est avoir une identité

Pour choisir d’être ce que l’on est, il faut d’abord savoir ce que l’on veut être, connaître ses désirs, et ensuite être capable de se reconnaître, d’accéder à une certaine conscience de soi.

Être soi et avoir conscience de soi constituent le principe de l’identité. Par définition, l’identité est ce qui demeure identique à travers les changements du temps, à travers les différentes représentations que je me fais ou que les autres se font de moi.

n’est pas seulement la marque de mon et de mon , mais aussi de mon , c’est-à-dire le fait d’être unique, différent des autres. Être soi n’est donc pas seulement exister selon ses aspirations mais être capable de se distinguer des autres.

B. Être soi, c’est être un sujet moral et juridique, c’est faire des choix

À ce titre, l’homme se définit comme sujet : un être capable de juger, un «  », selon une définition classique en philosophie, et par là, un être capable de juger ses actions.

L’homme n’est pas seulement sujet de la connaissance mais sujet de l’action. Il est un sujet moral et juridique. Il peut donc se fixer les fins de ses actions et établir par sa réflexion les moyens d’y parvenir.

C’est pour cela que le sujet moral est un sujet juridique, devant la loi, c’est-à-dire qui « répond » de ses actes.

C. L’homme existe selon son essence rationnelle

Il semble alors évident que l’on choisit de faire ce que l’on fait et dans la mesure où ce que l’on fait exprime ce que l’on est, on choisit « d’être » au sens « d’exister », de s’insérer dans la réalité.

Être ce que l’on est, consiste ici à exercer sa qualité de sujet en portant un jugement déterminant sur le monde et sur soi-même. L’existence de l’homme dans le monde, son action sur la réalité, est l’expression de sa nature rationnelle, l’œuvre de sa capacité à user de sa raison. Aristote dans L’Éthique à Nicomaque attribue à l’homme la capacité à délibérer afin d’ajuster au mieux les moyens aux fins de son action.

Ainsi il semble que l’on choisisse d’être ce que l’on est, que l’on existe et que l’on construise son identité en mettant en œuvre ce qui constitue l’essence de l’homme, la , afin de faire des choix. En ce sens, on ne peut que choisir d’être soi, d’être ce que l’on est.

Pourtant, ce que l’on est n’est pas toujours l’expression de notre volonté. Nous avons une histoire et ce que l’on est peut résulter d’un parcours, d’une éducation qui nous a été en partie imposée par autrui. Peut-on alors ne pas choisir d’être ce que l’on est ?

2. À quelles conditions peut-on choisir d’être celui qu’on est ?

A. Les différents déterminismes et l’illusion du libre-arbitre

Il est aussi évident que l’on ne choisit pas quand et où l’on naît. On porte d’emblée en nous la marque de notre origine et de notre histoire.

La avec Freud insiste sur le rôle de la toute petite enfance sur la constitution de la personne.

Marx et les sociologues insistent davantage sur le  : être issu d’une certaine catégorie socio-professionnelle engage un certain type de comportement, une certaine manière de penser.

Même physiologiquement, le et génétique rappelle que l’on ne naît pas tous avec la même apparence, avec la même santé, avec les mêmes performances physiques…

L’homme ne peut-il échapper aux lois naturelles ? Il ne peut être, selon Spinoza dans L’Éthique, un « empire dans un empire », une exception. Le  : comme une pierre que l’on aurait lancée dans les airs et qui prendrait conscience de son mouvement, les hommes se croient libres à tort simplement parce qu’ils ont conscience de leurs actions mais qu’ils ignorent les causes qui les déterminent.

B. La possibilité d’être ce que l’on est malgré les déterminismes

Affirmer que l’homme n’est pas libre d’être celui qu’il est parce qu’il serait le jeu de tous les déterminismes pose le problème de sa .

En effet, si l’homme agit selon des lois qui s’imposent à lui, alors il est comme un pantin articulé, il perd sa qualité de sujet. Il ne peut plus faire l’objet d’un jugement moral et juridique car on présuppose alors qu’il n’a pas le choix. Or si le déterminisme existe (c’est un présupposé nécessaire de la science qui établit des lois de la nature), il n’est peut-être pas absolu.

En ce sens, Descartes parvient dans ses Méditations métaphysiques à concilier l’existence de chaînes de causalité et la liberté humaine, dans la mesure où être libre serait le fait d’agir en connaissance de cause.

Le plus haut degré de la liberté ne serait pas la , celle qui consiste à n’être déterminé par rien, mais la qui consiste à appliquer sa volonté sur des idées claires et distinctes que lui présente l’entendement. On peut alors choisir ce que l’on est grâce à la connaissance et la maîtrise des options (même limitées) qui se présentent à nous.

C. L’homme reste toujours libre d’affronter les obstacles

Choisir d’être celui qu’on est ne consisterait donc pas à être au-delà des déterminismes, à être vierge de toute causalité extérieure, car l’homme est toujours et déjà dans une «  » donnée selon Sartre, mais à être capable de surmonter les obstacles, de se libérer d’une essence ou d’une étiquette que le monde et autrui tendent à imposer.

Dans L’existentialisme est un humanisme, Sartre explique que l’homme existe d’abord, et qu’il se définit ensuite. Inscrit dans un perpétuel devenir, il peut constamment se redéfinir, il peut choisir d’être autre que ce qu’il a été ou cru être. Seuls ses propres actes le déterminent. Croire l’inverse serait faire preuve de mauvaise foi en renonçant à sa liberté et à ses responsabilités.

L’homme en perpétuelle libération, en serait en réalité celui qui n’a pas d’essence définitive et qui constamment choisit d’être celui qu’il est, même lorsqu’il refuse de changer par , il n’a « pas d’excuse », il est « condamné » à être libre.

Conclusion

Ainsi on choisit d’être celui que l’on est au sens où notre identité se constitue par des choix issus de notre au cœur de . Mais ici ce que l’on est se ramène à la définition d’un animal rationnel qui ne rend pas compte des particularités de « celui » qui est.

Or, l’individu est constitué par une qui ne dépend pas de lui. Le déterminisme agit sur l’homme et fait de lui ce qu’il est devenu. Pourtant, on ne peut nier sa liberté, sa capacité à faire des choix le concernant sous peine de nier sa qualité de .

L’homme choisit d’être celui qu’il est, non pas parce qu’il pourrait faire tout ce qu’il veut, mais parce qu’il est capable de le déterminisme et de les obstacles.

Info

Il est possible d’approfondir cette notion d’identité en consultant le repère identité/égalité/différence.

Attention

Ici l’étymologie de responsabilité est intéressante car elle vient du latin respondeo, répondre, qui ramène à l’idée de répondre de ses actes devant autrui et la loi.

Conseil

Veillez à reprendre les différentes thèses développées tout en montrant que leur articulation s’éclaire par l’analyse conceptuelle : par exemple ici « celui qu’on est » comme animal rationnel de la première partie ne se confond pas avec l’individu singulier de la seconde partie.

 

« Il est travailleur, c’est un courageux » ; « il ne doit sa réussite qu’à lui-même » : ces expressions montrent l’estime qu’on porte à ceux qui réussissent à force de travail. Mais ce jugement est-il encore correct lorsque le travail devient le principe de la vie? Car la vie est brève et le bonheur la fin dernière de tout ce que nous entreprenons. Dans cette perspective il faut examiner si le travail est une manière satisfaisante d’occuper le temps de sa vie, s'il peut être le moyen de la rendre épanouie et heureuse ? Pour en décider, il faudrait possèder une représentation objective de la vie réussie. Est-ce possible étant donné la diversité des conceptions de la vie désirable? Et si une telle représentation était cependant possible, est-ce que réussir dans la vie signifie aussi réussir sa vie ?

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Dans sa définition la plus simple le travail est l’activité au moyen de laquelle nous produisons de quoi satisfaire nos besoins et avant tout nos besoin vitaux. Mais contrairement à l’animal l’homme produit au-delà des besoins, de manière à satisfaire autant qu’il le peut ses désirs. Le travail permet donc de pourvoir au bien-être, dont la somme totale peut être identifiée au bonheur. Sous cet angle le travail apparait alors comme la plus nécessaire et la plus utile des activités. Comme d'’autre part nous ne travaillons jamais de manière isolée, même lorsque nous travaillons seuls, puisque les outils ou les machines sont issus du travail des autres et que les biens ou les services que nous produisons leur sont destinés, il a aussi cet avantage de nous insérer dans le tissu des relations sociales, ce qui est fondamental pour un être dont la sociabilité est une caractéristique éminente.

Mais il faut aussi considérer les effets vertueux que l’acte de travailler a sur la personne de celui qui travaille. La fabrication d’un objet, même modeste, exige la mobilisation de capacités mentales, morales et techniques qui vont d’ailleurs se renforcer au fil des travaux : il faut se concentrer, être patient, utiliser et souvent compléter ses connaissances et ses compétences techniques. En ce sens le travail nous améliore, subjectivement et objectivement. Objectivement, parce qu'il nous fait acquérir et développer nos savoirs et nos savoir-faire, parce que nous lui devons nos moyens matériels ; subjectivement, parce qu’il développe nos qualités morales et mentales, qu’il nous donne une discipline : le travail est à l’origine du développement de nos capacités et de notre maitrise de soi, qui sont les éléments concrêts  de la liberté de notre volonté.

Ainsi en travaillant l’homme travaille à se construire lui-même, c'est-à-dire à concrétiser ce qu’il est. Le travail est comme la signature de notre espèce ainsi qu'un facteur décisif de l’orientation de son devenir comme l’avaient remarqué des penseurs aussi différents que Bergson -lorsqu’il dit qu’homo faber est plus apte à caractériser l’espèce humaine qu’homo sapiens- et Marx, pour qui le travail est l’activité par laquelle l'homme crée les conditions de sa réalisation intégrale.

Personne ne semble donc perdre son temps à travailler et rien ne parait faire obstacle à ce qu'un individu trouve dans la vie laborieuse la forme et le contenu de son bonheur s’il en a le goût et les dispositions.

Mais on entend aussi des critiques à l’encontre de ce genre de personne (« il ne pense qu’à son travail » ; « il n’a plus de temps pour sa famille et ses amis ») qui suggèrent que des valeurs nécessaires à l'accomplissement de la vie ont été délaissées.

Ces critiques sont-elles fondées ? Est-ce qu’il peut exister un critère permettant de juger objectivement de la réussite ou de l’échec d’une vie ?

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A première vue, cela semble assez douteux.

D'abord parce que nos sociétés sont largement organisées autour des activités économiques; ensuite parce que, comme démocraties, elles ont parmi leurs principes fondamentaux la reconnaissance de la diversité des manières de vivre. Personne ne semble alors avoir le droit de juger la manière de vivre d’un autre, pour autant qu’il dispose lui aussi du droit de vivre comme il l’entend. Précisons néanmoins que ce principe plaide implicitement en faveur de la vie de travail, du fait son utilité sociale, le mode de vie oisif étant simplement tolérée au nom de la liberté.

Ensuite parce que pour juger de la réussite ou de l'échec d'une vie, il faut avoir pour critère un concept universellement applicable et entièrement déterminé du bonheur. Ce qui est impossible de dire pour des êtres différents, irréductibles les uns aux autres comme le sont les hommes. Certes le bonheur est bien, généralement parlant, une seule et même chose : un état durable de complète satisfaction. Mais certains penseront l’atteindre en consacrant un minimum de temps à leur travail et un maximum à leurs loisirs, quitte à mener une vie modeste ; tandis que d’autre ne trouveront de sens à leur vie qu’en s’engageant corps et âme dans le travail et en réussissant socialement. Le bonheur est un concept indéterminé, comme l’a montré Kant, qui varie avec chacun ou avec la situation de chacun ; c’est un « idéal de l’imagination » ce qui rend impossible « la définition de règles pouvant y conduire à coup sûr ». Dès lors comment pourrions-nous donner tort aux uns et raison aux autres ?

Toutefois, si les hommes sont différents, la condition humaine est unique et la vie de tous les hommes est au fond la même : elle débute avec la naissance, qui nous lie affectivement à d’autres, et s’achève par la mort qui nous en sépare; elle est conduite par le désir d’être heureux, qui est le principe latent de tout ce que nous entreprenons. D’autre part l’homme est un être pensant qui ne peut s’empêcher d’évaluer la valeur des fins qu’il poursuit, ce qui l'amène à concevoir et à désirer l'idée d'une fin dernière qui est seule à même de le satsifaire. Ce désir d’absolu, d'accomplissant intégral, ne peut pas être ignoré ou écarté, même lorsqu'on s’absorbe entièrement dans son travail. Ainsi, si personne ne peut définir le bonheur de tous, tous les hommes ont conscience de rechercher une forme d'existence qui les convaint qu'ils ne vivent pas en vain, que le temps de leur vie est véritablement mis à profit. On pourra donc juger de la réussite d'une vie suivant son aptitude à s’approcher au plus près de cette forme idéale d’existence. Si donc le contenu du concept du bonheur n’est pas déterminable, au moins peut-on avancer la généralité de ce critère pour caractériser objectivement les formes d’activité et le type d’existence qui font une vie réussie.

Ainsi, contrairement à ce qu’on pouvait croire un peu rapidement, il est à la fois possible et légitime de juger les différentes manières de vivre des hommes en se demandant si elles sont des manières de remplir idéalement le temps d’une vie étant donné sa limitation et le désir d'absolu qui est présent en chacun. Une vie réussie peut-elle alors revêtir la forme d’une vie de travail ?

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Examinons alors la forme d’activité qu’est le travail et demandons-nous si elle est susceptible de produire une vie et un type d’humanité parfaitement accomplis.

Le travail, a-t-on dit, est l’activité par laquelle l’homme produit de quoi satisfaire ses besoins. Le besoin c’est ce qui est nécessaire, soit absolument (les besoins vitaux) soit relativement comme lorsqu’on a besoin d’un marteau ou d’un téléphone. Ainsi quelle que soit la forme que prend le besoin, la complexité du travail exercé –boulanger ou ingénieur-, la nature des conditions dans lesquelles on l’exerce –plaisantes ou exécrables- et notre sentiment à son égard –vocation ou choix par défaut ?-, c’est toujours par nécessité qu’on travaille, et dans un esprit intéressé. On définira donc rigoureusement le travail comme cette partie de notre activité que nous impose la nécessité de produire de quoi satisfaire nos besoins

Quelle est alors la valeur de cette activité dans la hiérarchie des fins dernières de l’humanité ?

Déjà rappelons que le travail n’est qu’une des formes de l’activité humaine, ce qui déjà en relativise la valeur, à l’encontre de l’idéologie contemporaine pour laquelle toute activité est un travail et chacun de ses produits une marchandise, sinon en fait du moins en droit. Car si on considère l’essence de l’activité, on ne nommera pas travail l’effort que déploit l’artiste dans son œuvre, le scientifique dans sa recherche, l’alpiniste dans son ascension, quand bien même en tirent-ils un revenu : l’élément du gain est ici la conséquence accidentelle de l’activité, il n’en est pas le principe et n’en définit pas la nature. C’est dans un autre esprit qu’on développe une recherche fondamentale (satisfaire une curiosité intellectuelle, un désir de savoir) et une application technique (dont enjeu est pratique ou économique). C’est encore plus vrai du temps passé à préparer un repas pour sa famille ou ses amis, ou de celui qu’on consacre à une activité bénévole ou politique.

Œuvrer est donc tout autre que travailler, de même agir socialement ou politiquement. Ces activités exigent elles aussi des efforts, des connaissances et des compétences, mais elles se déploient dans une perspective qui n'est pas celle du travail : le travail est commandé par la nécessité; il mobilise les capacités humaines de manière contrainte et dans l’horizon limité de la satisfaction du besoin ou du gain; de ce fait ces capacités ne sont pas mobilisées de manière libre et complète que sont mobilisées les capacités humaines; d’où l’ennui qui nous y prend souvent, et la régression de nos capacités au fil des années ; celui-ci était créatif, bon mathématicien et passionné de littérature au temps de ses études ; le voilà conformiste par routine, ayant oublié jusqu’à ses premiers théorèmes. Cet autre était idéaliste, généreux dans sa jeunesse ; le voilà devenu carriériste et sans états d’âme. De même la relation sociale au travail n’est que partiellement une relation humaine puisque l’autre n’est pas considéré comme tel, mais, au mieux, comme un partenaire dans un projet commun, au pire comme un chef ou un subordonné. Au travail on a des collègues, pas des amis ; et lorsqu’on y a des amis, on constate à quel point il est difficile de travailler avec du fait de la logique de la relation de travail. Ainsi si le travail n'est pas un esclavage, reconnaissons qu'il enferme dans une cage de fer les aspirations et les idéaux de ceux qui dont il est devenu la raison de vivre. Ceux-ci auront oublié que le travail n’est qu’un moyen et que la jouissance de l’existence est la fin ; il leur manquera cette forme d’esprit désintéressé dans la relation aux autres et aux choses qui est à l’origine de la culture intégrale des facultés humaines –notre aptitude à sentir, à aimer et à penser- et qui la seule raison dernière concevable de notre existence.

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Nous nous étions demandé si une vie de travail pouvait être une vie réussie. Nous savons maintenant que cela ne permet pas un accomplissement de la vie. Nous avons en effet montré que même si le travail est essentiel nous pouvions le juger objectivement selon l’idée d’un accomplissement intégral de l’humanité et qu'à cet égard la vie de travail se révélait insuffisante. Une vie réussie suppose aussi un genre esprit et des formes d’activités qui ne sont pas de l’ordre du travail mais de ce que l'antiquité regroupait sous le terme de loisir.

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